• LE PRESIDENT DE L'ARCHE DE ZOE SE DIT LACHE PAR LA FRANCE. CE QU'IL A OUBLIE, LE BRETEAU, C'EST QUE, DANS LE CADRE D'UN SYNDICAT DU CRIME ORGANISE, QUAND CELA SENT LE ROUSSI, LES CHEFS MAFIEUX LACHENT

    Tchad: le président de L'Arche de Zoé se dit "lâché" par la France

    Par Sonia ROLLEY - AFP -

    N'DJAMENA (AFP) - Le président de L'Arche de Zoé, Eric Breteau, qui s'est dit mardi "lâché" par les autorités françaises, a relancé, depuis la prison de N'Djamena où il est incarcéré, la polémique sur la tentative de transport du Tchad vers la France de 103 enfants par son association.

    "On a été lâchés par le gouvernement français. On a même été enfoncés", a affirmé à des journalistes de l'AFP et de Radio France internationale (RFI) le responsable de l'association, arrêté le 25 octobre à Abéché, dans l'est du Tchad frontalier du Soudan, alors qu'il allait faire embarquer les enfants dans un avion.

    "Mais on a des preuves et elles sortiront", a menacé Eric Breteau, réitérant que les autorités françaises étaient au courant de cette opération controversée.

    Dès le 25 octobre, Paris s'est vivement désolidarisé de L'Arche de Zoé, qualifiant son opération d'"illégale et irresponsable".

    Le président français Nicolas Sarkozy, tout en dénonçant une "équipée assez lamentable", a finalement promis le 6 novembre d'aller "chercher" au Tchad, "quoi qu'ils aient fait", les six membres français de l'association qui y sont toujours détenus. Ces propos avaient provoqué des tensions entre Paris et N'Djamena.

    "La justice se fera ici au Tchad", avait sèchement répliqué le président tchadien Idriss Deby Itno.

    Les six Français de L'Arche de Zoé sont inculpés au Tchad d'enlèvement de mineurs et escroquerie, et sont incarcérés à la maison d'arrêt de N'Djamena où une correspondante de l'AFP a pu les voir mardi dans leurs deux cellules.

    Quatre responsables de l'est du Tchad, poursuivis pour complicité, sont détenus dans des cellules voisines.

    Les prisonniers semblaient en bonne santé et ont affirmé être bien traités par l'administration pénitentiaire tchadienne.

    Eric Breteau a déploré le battage médiatique autour de cette affaire.

    "Tout le monde parle sauf nous, il y a une sorte d'acharnement. On cherche à nous empêcher de parler", a-t-il estimé.

    "Du peu que l'on sait, on comprend qu'il y a une cabale hallucinante au centre d'une affaire d'Etat", a ajouté son assistante Emilie Lelouch, également détenue.

    Les responsables de L'Arche de Zoé, qui ont toujours présenté les enfants comme des orphelins du Darfour, région soudanaise voisine en proie à une guerre civile, ont réaffirmé leur position et plaidé la bonne foi.

    "Pour nous, ça reste des orphelins du Darfour et on n'a jamais rencontré leurs familles", a assuré Eric Breteau. "On n'est jamais allés les chercher. Tout s'est passé par l'intermédiaire de chefs de villages qui nous apportaient des documents écrits, comme quoi ce sont des orphelins du Darfour", a-t-il insisté.

    "Les chefs avec lesquels on a travaillé nous ont peut-être menti", a admis pour sa part Emilie Lelouch. "Mais si ces enfants avaient des parents, ils étaient avec nous pendant plus de six semaines: pourquoi ne les a-t-on jamais vus?", a-t-elle interrogé.

    Selon une enquête d'organisations humanitaires internationales, la quasi-totalité des enfants sont originaires de villages tchadiens de la zone frontalière et ont au moins un parent ou un adulte qu'ils considèrent comme tel.

    Trois journalistes français, les sept Espagnols de l'équipage de l'avion affrété pour emmener les enfants en France, et un pilote belge qui en a acheminé une partie à Abéché depuis la frontière tchado-soudanaise sont inculpés au Tchad dans cette affaire mais ont été libérés et rapatriés.

    Tous les inculpés encourent cinq à vingt ans de travaux forcés au Tchad.

    Source: Sonia Rolley - AFP


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