Jacques Janvier Rop's Okoué Edou, né le 17 janvier 1971 à Libreville, est originaire de Nsimi à Bitam (Nord du Gabon).
Spécialiste en Economie et Finance Internationales, il est titulaire d'un Doctorat Nouveau Régime ès Sciences Economiques de l'Université Montesquieu (Bordeaux IV) depuis juin 2005. Il a, à son actif, de nombreux articles et conférences. Après son premier ouvrage intitulé " Pourquoi la dévaluation du franc CFA était-elle vouée à l'échec au Gabon ? " et publié en janvier 2007 à l'Harmattan, il prépare actuellement un opuscule relatif à l'intégration économique et monétaire africaine. Il est membre de l'Union du Peuple Gabonais (UPG) depuis juin 2002. Il a été, à l'Université de la Rochelle (France), chargé de cours et de travaux dirigés en micro et macroéconomie, économie monétaire et financière, théorie des contrats, organisations et stratégies des firmes, finance internationale, commerce international (département d'économie) et en économie des biens publics et collectifs (département de droit). Il vient d'être recruté comme chargé de cours à l'Université de Rimouski (Canada) et est membre de l'Association des économistes québécois. Par ailleurs, il prépare un DESS en Administration des Affaires à l'Université de Laval (Canada).
Mon blog a pour objectif d'exposer mes réflexions sur les problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels du Gabon, mon cher pays. Il vise à informer, dans différents domaines, le peuple gabonais sur la situation réelle de leur pays. J'espère, par les nombreuses publications qui y seront mises en ligne, contribuer à la mise du Gabon sur le sentier du développement économique, politique et social. Ainsi, au-delà des critiques sur la mauvaise gouvernance structurelle de ce pays, mes articles vont toujours, après analyse scientifique du problème évoqué, contenir des propositions de solutions, des thérapies adressées aux autorités publiques gabonaises. Aussi, si ces mesures thérapeutiques préconisées étaient par hasard appliquées sur le terrain par les pouvoirs publics, mon blog aura ainsi rempli son objectif primordial, celui de faire progressivement de mon cher Gabon, un pays meilleur.
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Bonne fête de l'indépendance à mes compatriotes gabonais ce, même si nous continuons toujours à vivre, depuis 40 ans, sous le joug d'un régime dictatorial, kleptocrate, irresponsable et incompétent à la solde du colon français.
Vive le Gabon, vive la République!
Jacques Janvier Rop's Okoué Edou
Docteur en Economie et Finance Internationales
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Tout le sang du Niger, pourvu que l'uranium ne profite qu'à la France !
Par Pierre Prêche in Afrikara, 11 août 2007
Il se passe en Afrique comme qui dirait des choses étonnantes. Voilà un pays, le Niger qui expulse le directeur local de la firme française Areva, N°1 mondial du nucléaire civil, pour soutien à une rébellion armée touareg répondant au cigle de MNJ. Une expulsion qui suit celle d'un ancien colonel français, Gilles de Namur chargé de la sécurité d'Areva-Niger. Il faut dire que les dirigeants de cette ancienne colonie française sont particulièrement doucereux à l'endroit de sieur le Blanc, accusé de fomenter une révolte militaire, de déstabiliser les institutions, de menacer la vie des milliers d'Africains contre le risque d'une expulsion nourrie blanchie, de surcroît pendant les vacances en France de Dominique Pin le patron d'Areva-Niger, pas vraiment cher payé du coup d'Etat.
Une affaire peu banale dont les dimensions néocoloniales, géopolitiques, géostratégiques, écologiques, sanitaires interpellent l'Afrique entière et ses jeunes mouvements en lutte pour inventer une Autre façon de s'inscrire dans l'économie mondiale.
En fait la France dépend à 30% pour son électricité de l'Uranium du Niger et s'y fournit par le biais de deux sociétés contrôlées par Areva -la France-, la Somaïr et la Cominak. Depuis 2003, plusieurs facteurs concourent à la hausse des prix de l'uranium dont la valeur a été multipliée par dix en trois ans. Le pétrole onéreux et les anticipations sur l'après hydrocarbures poussent les puissances mondiales à chercher des énergies de substitution. L'uranium fait bien l'affaire mais l'exploitation doit être relancée car les stocks militaires anciens ont été recyclés -Russie- et les nouveaux gros joueurs comme la Chine ont autant besoin de carburant pour leur croissance loin d'être à son sommet, que les prédateurs occidentaux rêvent de lui priver l'accès aux ressources stratégiques.
Conséquence, montée fulgurante de la demande et des prix de la matière première, et pression à l'ouverture du marché nigérien monopolisé depuis 40 ans par ... la France bienveillante. Simplement lamère patrie manie le langage du libéralisme à géométrie variable et n'entend pas que pour les Africains un accroissement de la demande signifie le B A BA de l'économie scolaire, une augmentation des prix, après tant de discours sur la raison libérale. Au Niger on a pris les calculatrices, quand l'Etat reçoit 27 300 FCFA pour une livre d'uranium, elle coûte sur le marché mondial 122 000 FCFA encaissés par Areva.
Le Niger doit donc se contenter de la fierté d'être un des cinq plus grands producteurs d'uranium au monde, tout en cumulant famine en 2005, éviscération des actifs nationaux par les politiques de casse sociales du FMI-Banque mondiale, pression fiscale sur les plus paupérisés conduisant à des manifestations de rues et mouvements de grèves inédits en 2005. Régulièrement classé dernier pays à l'Indice de développement humain, avec une population de 13 millions d'habitants de 16 ans d'âge moyen, le Niger "endetté" et spectateur de sa prédation néocoloniale devrait dire amen à la messe Areva.
Vieille histoire qui démarre lors des pseudo indépendances africaines. Le Niger est du wagon et se trouve ligoté avec ce que les autorités françafricaines nomment un "accord de défense" signé le 24 avril 1961 entre le Niger, la Côte d'Ivoire, le Dahomey (actuel Benin) et la France. Ce document précise dans ses annexes que la France a "priorité" sur les matières premières stratégiques des signataires africains -l'uranium est classé en seconde catégorie de matière dite stratégique avec le lithium par exemple. Les Etats africains consultent la France pour leurs approvisionnements et exportations de ces matières qui souvent se trouvent dans les faits entre les mains des entreprises françaises. D'ailleurs au Niger, Areva détient les cartes géologiques du pays que la société ne veut pas communiquer à l'Etat, pour limiter les capacités d'exploitation par la concurrence, plus de 85 entreprises de Chine, d'Australie, d'Allemagne, du Japon, du Canada ...
A l'instar de l'exploitation de l'uranium par la française Cogema au Gabon entre 1960 et 1999, les conditions écologiques et sanitaires de ce pillage et de ces enlèvements sauvages font craindre le pire. Les ONGs françaises ont été empêchées en 2003 de réellement mesurer les taux de radioactivité contaminant l'environnement. Les hôpitaux locaux, sur les sites d'exploitation appartiennent à Areva et sont sous-équipés pour avoir la moindre efficacité. Mais des résidus et déchets radioactifs à ciel ouvert qui s'accumulent, livrés à l'érosion éolienne justifient les plaintes des ONGs locales qui constatent une augmentation des maladies inconnues dans les environs de sites miniers, cancers, hypertensions, grossesses avortées, troubles divers de la santé, sans compter la contamination de la nappe phréatique. Une addition sans financement ni expertise externe sérieuse sur la gestion des déchets que les Africains paieront très chers à terme. Des évolutions similaires sont à craindre en RDC, en Afrique du Sud, pays qui détiennent aussi de l'uranium.
Le Niger tente donc de desserrer l'étau néocolonial français en faisant jouer la concurrence, en tentant de rompre le monopole français sur les nouveaux gisements. Ce à quoi le pays des droits de l'homme qui selon les hautes autorités hexagonales, n'a pas besoin économiquement de l'Afrique, répond par la seule réponse qui a jamais été la sienne en Côte d'Ivoire lorsque l'équipe Gbagbo a voulu multilatéraliser ses partenariats internationaux et mettre les rentiers coloniaux en compétition. Il a récolté une rébellion sous prétexte d'ivoirité. Peu ou proue c'est la même criminalisation économique qui permet de maintenir les rentes pétrolières en Afrique centrale, avec le rôle désormais emblématique de ELF dans la corruption internationale des régimes africains et français.
Le premier président du Niger Hamani Diori s'était hasardé à demander une augmentation modeste de la part de son pays dans le gâteau de l'uranium, "yellow cake", c'est un coup d'état qui l'avait destitué en 1975. Le gouvernement suivant qui avait voulu poursuivre les négociations sur les bases de l'ancien président a été fortement dissuadé puisque celui qui menait les discussions, numéro deux du régime s'est trouvé accusé de tentative de coup d'état, terminant jugé puis exécuté ! En toute droit-de-l'hommitude.
Areva est dans cette affaire nigérienne la caricature du néocolonialisme à la française, sa vison criminelle, archaïque et colonostalgique du monde conçoit un Niger possédant un sous-sol débordant de matières premières vendues exclusivement à la France, parallèlement à la paupérisation des Nigériens. Hors cette option trop équitable, les Françafricains n'éprouvent aucune gêne à déstabiliser un gouvernement qui défend un minimum ses intérêts collectifs, le statu quo des famines, de l'effondrement du pouvoir d'achat, leur conviendrait du moment que leur monopole est maintenu, au prix du sang africain si besoin était. C'est très exactement cette conception des rapports avec l'Afrique qui doit rapidement, impérativement disparaître. La dénonciation des "accords" de défense et toutes chaînes plus ou moins consenties par les Africains il y a des décennies devraient être un signal fort dans ce sens, et le soutien des populations à cette réappropriation et décolonisation des matières stratégiques africaines est un incontestable atout pour les classes dirigeantes du continent.
Pierre Prêche in Afrikara, 11 août 2007
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LIBREVILLE, 31 juillet (Infosplusgabon)
Peut-être pourrait-on commencer par faire un rapide "portrait politique" de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa naît en 1955, d'un père immigré issu de la noblesse hongroise. Il grandit à Neuilly sur Seine. Il rate Sciences-Po Paris. Mais il devient avocat en 1981 et s'associe pour créer le cabinet parisien « Arnaud Claude et Nicolas Sarkozy », spécialisé dans le droit immobilier.
Nicolas Sarkozy n'a presque jamais plaidé mais il touche une part des profits de ce cabinet d'avocat (240 000 euros en 2002). Nicolas Sarkozy est très tôt engagé en politique. A moins de 20 ans, il rentre à l'UDR puis au RPR, parrainé par Charles Pasqua, dont il se considère le « double » à l'époque.
Il va monter progressivement dans la hiérarchie du parti : président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac en 1980, secrétaire national du RPR en 1988, etc. Son seul ''faux pas'' dans le soutien à Jacques Chirac survient en 1995, quand il se rallie à Edouard Balladur pour les élections présidentielles. En 2002, il soutient Jacques Chirac. En 2004, il devient le président de l'UMP.
Nicolas Sarkozy, c'est également une forte implantation politique dans les Hauts de Seine. De 1983 à 2002, il est maire de Neuilly, la ville la plus riche de France. En 2004, il devient président du Conseil général des Hauts de Seine, le département le plus riche de France, prenant la succession de Charles Pasqua.
L'expérience étatique de Nicolas Sarkozy est relativement récente. Il devient ministre du Budget en 1993, mais est ensuite écarté de l'appareil d'Etat pour sa ''trahison'' envers Jacques Chirac. Il est cependant nommé Ministre de l'Intérieur en 2002, puis Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie en 2004, fonction qu'il doit abandonner sur demande de Jacques Chirac qui ne souhaite pas qu'un Ministre soit également président de l'UMP.
En 2005, le même Jacques Chirac nomme cependant Nicolas Sarkozy une nouvelle fois Ministre de l'Intérieur, cumulant ce mandat avec la présidence de l'UMP. Nicolas Sarkozy, c'est enfin un réseau relationnel colossal dans l'industrie et les médias. Je ne citerai pas ici la longue liste de ses soutiens.
Citons Martin Bouygues, témoin de son mariage avec Cecilia Sarkozy et parrain d'un de ses fils. Bernard Arnault, également témoin de son mariage. Lagardère, Dassault, Véolia, Bolloré, quasiment tout le CAC 40 soutient Nicolas Sarkozy, qui déclarait d'ailleurs en 2005 : « j'ai tous les patrons de presse avec moi. »Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua Nicolas Serge Dassault Nicolas Sarkozy ministre du Budget Nicolas Sarkozy à l'université d'été MEDEF
Nous nous sommes d'abord intéressés aux idées, aux discours et au programme de Nicolas Sarkozy concernant l'Afrique. L'Afrique n'étant pas au cœur de la campagne présidentielle (ou alors indirectement via l'immigration), les textes à notre disposition sont relativement peu nombreux.
Les textes de référence sont : un discours de Nicolas Sarkozy au Bénin en mai 2006, une interview donnée au magazine Jeune Afrique en novembre 2006, le discours du meeting UMP de Toulon et un discours sur la politique internationale en février 2007.
En examinant ces discours, nous relevons des éléments de ''rupture'' avec la Françafrique, des éléments de ''continuité'', et des éléments très ''classiques'' que l'on retrouve en général dans les propos de tout candidat à la présidence. Le tout forme un ensemble plutôt contradictoire et soumis à différentes interprétations.
- Les éléments de ''rupture'' : Nicolas Sarkozy souhaite « tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés » en matière de relations franco-africaines. Il déclare sa volonté de « se débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent.
Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. » Il souhaite « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures » et critique en ce sens la politique africaine de Jacques Chirac.
- Les éléments ''classiques'' : Nicolas Sarkozy, comme la plupart des candidats gaullistes à la présidence, se présente comme un « ami des africains ». Il « aime l'Afrique » et souhaite tout faire pour son ''développement'', envisagé par ailleurs comme un remède à l'immigration.
- Les éléments de ''continuité'' : Si Nicolas Sarkozy critique les réseaux françafricains, il juge néanmoins l'action de la France en Afrique globalement positive : « Je crois pouvoir dire qu'aucun pays du Nord ne porte autant d'attention à l'Afrique que la France. Aucune nation n'a autant à cœur la stabilité, le développement, la réussite des pays du continent africain. [...] La relation entre l'Afrique et la France, l'Afrique et l'Europe doit s'affirmer comme l'un des principaux axes de stabilité de la planète et comme un exemple pour la relation Nord-Sud. »
Nicolas Sarkozy critique violemment les discours dénonçant la domination économique française sur l'Afrique : « Il faut cesser de répéter que la France est présente en Afrique pour piller ses ressources car, à tout bien peser, c'est vrai, nous n'avons pas économiquement besoin de l'Afrique - et je mets quiconque au défi de me démontrer le contraire.
La France est en Afrique avec des ambitions plus amicales. » Pourtant, certaines de ses déclarations présentent l'Afrique comme un continent à ''conquérir'' : « L'Amérique et la Chine ont déjà commencé la conquête de l'Afrique. Jusqu'à quand l'Europe attendra-t-elle pour construire l'Afrique de demain ? Pendant que l'Europe hésite, les autres avancent. »
Nicolas Sarkozy soutient également les multinationales françaises : « Il n'y a en réalité qu'un petit nombre de grands groupes français qui réalisent une part importante de leurs activités en Afrique. [...] Bouygues, Air France, Bolloré, n'ont pas besoin de la diplomatie française pour exister et se développer en Afrique. S'ils y sont dynamiques, c'est à l'ancienneté de leur implantation, ils ont cru à l'Afrique avant beaucoup d'autres. C'est au talent de leur management et de leurs collaborateurs qu'ils le doivent et à eux seuls ».
Nicolas Sarkozy exprime son admiration pour le « de Gaulle visionnaire » qui a su « comprendre les aspirations de l'Afrique à l'autonomie puis à l'indépendance » et à Edouard Balladur qui a su « intervenir directement », quand il était premier ministre, pour « arrêter ce crime contre l'humanité » qu'a constitué le génocide rwandais.
Enfin, Nicolas Sarkozy souligne le rôle positif de la colonisation : « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s'est rétréci quand s'est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l'Europe sur les routes de l'Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d'empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc.
Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu'un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé. L'Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d'injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n'étaient ni des monstres ni des exploiteurs.
Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s'épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n'eux n'avait cultivé. »13 Nicolas Sarkozy a également déclaré lors du meeting de Caen, le 9 mars 2007 : « La vérité, c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de puissances 13Nous ne parlons pas ici des discours de Nicolas Sarkozy concernant l'immigration.
Voici cependant quelques citations : "Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter. [...] Au nom de quoi les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, l'Angleterre, l'Allemagne et tant d'autres choisiraient les meilleurs étudiants, les meilleurs travailleurs et nous nous n'aurions le droit de choisir personne pour subir tout le monde. Cette politique, ce n'est pas la mienne." (Nicolas Sarkozy, cité par LCI, 22/04/2006) "Si Le Pen dit que le soleil est jaune, je ne vais pas être obligé d'arriver en prétendant qu'il est bleu. Personne n'est obligé d'habiter en France.
Quand on habite en France on respecte ses règles. C'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, qu'on ne pratique pas l'excision sur ses filles, qu'on n'égorge pas le mouton dans son appartement, et qu'on respecte les règles républicaines." (Nicolas Sarkozy, TF1, 5 janvier 2007) "Je ne vise pas l'électorat du FN, je l'ai déjà." (Nicolas Sarkozy, cité par Thomas Lebegue, Libération, 1er juillet 2005) coloniales dans le monde qui aient tant oeuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l'exploitation.
On peut condamner le principe du système colonial et avoir l'honnêteté de reconnaître cela. " Tous ces discours sont en totale contradiction avec le début de mon exposé concernant les origines de la Françafrique, et avec les enquêtes de l'association Survie en général (en particulier concernant le génocide rwandais).
Nous ne pouvons d'ailleurs que déplorer le manque de ''répondant'' des journalistes interrogeant Nicolas Sarkozy sur tous ces sujets.
Pour revenir sur ses déclarations concernant ''la France qui, économiquement, n'a pas besoin de l'Afrique'', un journaliste renseigné aurait pu souligner quelques informations pourtant faciles à obtenir : selon le Ministère des Finances et de l'Industrie, en 2006, les échanges avec l'Afrique représentaient environ 5% des échanges internationaux de la France.
Le solde économique de ces échanges est positif, contrairement aux soldes de la France avec d'autres continents. Ainsi, en 2005, le solde France/Afrique était de + 3 milliards d'euros environ, soit autant que le solde France/Amérique, mais le solde France/Europe était de - 18 milliards d'euros, et le solde France/Asie - 22 milliards d'euros. En 2002, le nombre de filiales d'entreprises françaises en Afrique s'élevait à 2637, en hausse de 13% par rapport à l'année précédente.
Au Congo Brazzaville et au Gabon, le pétrole enrichit TotalFinaElf, qui affichait, en 2005, un bénéfice record de 12 milliards d'euros. Au Cameroun, au Congo Brazzaville et au Gabon, le bois fait la fortune de Bolloré (1 milliard de chiffres d'affaires en 2004) et de Rougier. Meubles en Okoumé, planchers en Azobé, escaliers et portes en Sapelli ou Moabi, toutes ces essences menacées de disparition sont largement utilisées en France, premier importateur européen de bois africain.
Au Mali, l'or est une manne pour la Somadex, une filiale de Bouygues15. Au Niger, l'uranium est exploité par la Cogema, assurant plus de 50% de l'approvisionnement des centrales françaises. Nous pourrions encore citer le commerce du diamant en Centrafrique, du gaz en Algérie16, des phosphates au Togo et au Maroc.
Mais également les produits agricoles (café, ananas, cacao, arachide, canne à sucre...) et les services (transport, eau, BTP, télécoms...). En 2004, Bouygues a réalisé 1,2 milliards de chiffres d'affaires en Afrique. Enfin, le commerce des armes est très lucratif. Entre 1996 et 2003, les exportations d'armes de la France en Afrique ont représenté 30 milliards d'euros (Dassault, Lagardère...).
(source : Ministère des Finances et de l'Industrie)
Notons cependant que nos interprétations des discours de Nicolas Sarkozy sont subjectives. D'autres interprétations de ses discours seraient possibles. C'est pourquoi il faut prendre du recul avec les mots et nous concentrer sur les faits.
Pour cela, nous nous sommes posé deux principales questions : Nicolas Sarkozy développe-t-il des relations avec des dictateurs ? Quels sont les liens entre Nicolas Sarkozy et le ''réseau Pasqua'' ?
Justement, tu parles de relations personnelles avec des dictateurs. Peux-tu en dire un peu plus ? Nicolas Sarkozy entretient des relations avec plusieurs dictateurs.
Selon La lettre du continent, une publication essentiellement destinée aux diplomates et aux industriels opérant en Afrique, Nicolas Sarkozy a rencontré au moins sept fois Omar Bongo depuis 2004, la plupart du temps dans l'hôtel particulier parisien du dirigeant gabonais.
Récemment, dans le Nouvel Observateur de février 2007, Omar Bongo déclarait : « Avec Nicolas Sarkozy, il y a une différence parce qu'on est amis. Si demain il me renie parce qu'il est président, je lui dirai : ''ce n'est pas sérieux Nicolas''. [...] Je crois que le fondement même de la Françafrique restera, quitte à l'améliorer. »
Nicolas Sarkozy est un ami de Denis Sassou N'Guesso, le chef d'Etat du Congo-Brazzaville. Il soutient la monarchie marocaine de Mohammed VI. Notons que son bras droit Brice Hortefeux soutient d'ailleurs la colonisation marocaine du Sahara Occidental. Nicolas Sarkozy est également proche du président Bouteflika et des milieux militaires algériens.
Depuis 2003, il s'est rendu une à trois fois par an en Algérie. En juillet 2004, il a signé un accord économique France/Algérie de 2 milliards d'euros, l'un des plus grands accords français avec un pays du Sud, pour développer des projets industriels algériens, au bénéfice de sociétés françaises. Cette décision est quelque peu contradictoire avec les grandes déclarations de Nicolas Sarkozy sur le rôle des multinationales en Afrique.
Ce dernier a récemment affirmé qu'il souhaitait apporter la technologie nucléaire en Algérie, en échange d'accords sur l'exploitation du gaz algérien par la France. Nicolas Sarkozy a également critiqué l'accession au Pouvoir du fils d'Eyadéma au Togo.
Cependant, en tant que Ministre de l'Intérieur, il n'a pas mis fin à l'équipement et l'encadrement de la politice togolaise par la France. Pour terminer, nous avons trouvé dans le journal La lettre du continent cette information sibylline : pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, son ami Martin Bouygues « a mis à sa disposition son conseiller Afrique, Michel Lunven, ancien ambassadeur de France au Gabon et en Centrafrique et ex-conseiller de Jacques Foccart ».
Pourquoi le patron d'une des plus grandes entreprises de BTP met-il à disposition de Nicolas Sarkozy un ancien conseiller de l'architecte de la Françafrique, pour une campagne présidentielle ? La question reste ouverte. Quels sont les liens entre Nicolas Sarkozy et le réseau Pasqua ?
D'abord, pourquoi s'intéresser à ces liens ? Parce que ce que nous appelons le ''réseau Pasqua'' est un acteur emblématique de la Françafrique, décrit dans de nombreux ouvrages de l'association Survie. Charles Pasqua était le bras droit de Jacques Foccart, l'architecte de la Françafrique.
Le ''réseau Pasqua'' désigne une nébuleuse d'acteurs industriels, militaires, politiques et barbouzards impliqués dans de nombreuses affaires de trafic d'armes, de corruption, de coups tordus en Afrique (affaire Elf, affaire Angolagate, affaire Falcone, affaire Marchiani, etc.).
Historiquement, même si Nicolas Sarkozy a pris ses distances politiques avec Charles Pasqua depuis plusieurs années, les liens entre le candidat UMP à la présidence et Charles Pasqua sont forts. Charles Pasqua était le témoin du premier mariage de Nicolas Sarkozy.
Il a joué un rôle majeur dans son éducation politique, à Neuilly sur Seine, dans les Hauts de Seine et au RPR. Nicolas Sarkozy se définissait dans les années 70 comme le « double » de Charles Pasqua et déclarait en 1983 : « C'est l'un des hommes les plus honnêtes que je connaisse ».
Il lui a certes ''raflé'' la mairie de Neuilly sur Seine en 1983, mais ils se sont ensuite réconciliés. Nicolas Sarkozy a par exemple vraisemblablement aidé Charles Pasqua à devenir sénateur en 2004, lui permettant de bénéficier d'une immunité parlementaire.
Certains bras droits de Nicolas Sarkozy sont des anciens bras droits de Charles Pasqua. C'est le cas de Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy pour 2007. Claude Guéant, énarque, était secrétaire général de la préfecture des Hauts de Seine, Directeur Général de la Police Nationale, nommé par Charles Pasqua.
Il assiste en général à tous les entretiens de Nicolas Sarkozy avec des dirigeants africains. Citons également Michel Gaudin, énarque, ancien directeur de cabinet de Charles Pasqua au conseil général des Hauts de Seine, actuellement Directeur Général de la Police Nationale, nommé par Nicolas Sarkozy.
Nous nous sommes également intéressés à la reprise du conseil général des Hauts de Seine par Nicolas Sarkozy : celui-ci a-t-il fait une ''rupture'' avec la politique de Charles Pasqua, son prédécesseur à ce poste ?
En prenant la tête du conseil général des Hauts de Seine, Nicolas Sarkozy a fait un hommage appuyé à Charles Pasqua, et le conseil général lui a fourni une voiture de fonction avec chauffeur, une secrétaire et des bureaux. Nicolas Sarkozy a lancé un audit général du conseil général, mais les conclusions de cet audit sont restées secrètes.
D'après ce que nous avons pu lire, la politique de Nicolas Sarkozy n'est pas en rupture avec celle de son prédécesseur, hormis peut-être une baisse des dépenses sociales (par exemple, suppression de 4000 logements sociaux et privatisation de crèches).
Nous nous sommes également intéressés à Coopération 92, une officine du Conseil général des Hauts de Seine créée par Charles Pasqua, citée dans de nombreux ouvrages de l'association Survie pour ses actions ''sulfureuses'' en Afrique.
Cette Société d'Economie Mixte a officiellement pour objectif de lutter contre les inégalités Nord/Sud. Au moment où Nicolas Sarkozy prend la tête du conseil général des Hauts de Seine, Coopération 92 était dirigée par Yan Guez, un ancien de la SOFREMI (officine de ventes d'armes), touchant 11 000 euros par mois et roulant en 4x4 de luxe de fonction.
Les activités de Coopération 92 étaient opaques, aucun rapport sur le contenu et l'évaluation des projets réalisés n'était transmis au Conseil Général. Nicolas Sarkozy a remplacé Charles Pasqua à la présidence de Coopération 92 et lancé un audit financier mettant à jour de nombreuses anomalies financières (emplois fictifs, surfacturations, etc.).
Il a cependant reconduit Yan Guez dans ses fonctions, demandant certes davantage de transparence. En juillet 2005, le parquet de Nanterre lance une enquête sur Coopération 92. Nicolas Sarkozy démissionne quelques temps après, officiellement pour des questions d'emploi du temps. L'affaire suit son cours.
Une dernière petite anecdote pour terminer : en mars 2006, Robert Feliciaggi, homme d'affaires à la tête d'un empire des jeux de hasard et des casinos en France et en Afrique, souvent cité dans les ouvrages de François-Xavier Verschave à propos de blanchiment d'argent, a été assassiné en Corse. Nicolas Sarkozy a demandé au préfet d'Ajaccio de participer en grande tenue aux obsèques de Robert Feliciaggi.
Tout à l'heure, lors de l'exposé sur Jacques Chirac, tu nous as parlé des affaires Elf, de l'affaire du financement occulte du RPR, etc.
Est-ce que Nicolas Sarkozy a quelque chose à voir là dedans ?
Attention, terrain miné ! Ce que je m'apprête à dire doit être considéré avec la plus grande prudence. Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans trois affaires : l'affaire des emplois fictifs du RPR, l'affaire Schuller et l'affaire Elf. Mais aucune enquête n'a été lancée sur les liens entre Nicolas Sarkozy et ces affaires. Donc tout ce que je vais dire n'est pas validé par la Justice française, même si nous serions très curieux que des enquêtes soient menées.
-L'affaire des emplois fictifs du RPR : une permanente du RPR était rémunérée par la mairie de Neuilly sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Etait-ce un cas isolé ? Pourquoi Nicolas Sarkozy n'a-t-il jamais été entendu par la Justice sur ce sujet ?
-L'affaire Schuller : Didier Schuller était le directeur général de l'office d'HLM des Hauts de Seine, membre du RPR, accusé et condamné pour un vaste système de détournement de fonds publics, notamment à des fins politiques. Selon son bras droit Jean-Paul Schimpf, interpellé en flagrant délit alors qu'une entreprise d'assainissement lui remettait une valise de billets pour l'obtention d'un marché public, Didier Schuller finançait des campagnes politiques comme celles de Patrice Balkany, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Là encore, aucune enquête n'a été lancée à ce sujet.
-L'affaire Elf : lorsqu'il a été convoqué par la juge Eva Joly, l'ancien PDG d'Elf Loik Le Floch-Prigent a affirmé avoir abordé le fond du dossier Elf pour préparer sa défense avec de nombreuses personnalités, dont Nicolas Sarkozy, Ministre du Budget à l'époque. Que se sont-ils dit ? Pourquoi Loik LeFloch-Prigent est-il allé rencontrer Nicolas Sarkozy ? Là encore, le mystère reste entier.
Notons pour finir que Nicolas Sarkozy soutient politiquement Alain Carignon, ancien maire de Grenoble écroué pour une vaste affaire de corruption et d'enrichissement personnel dans les années 80-90, mais qui revient sur le devant de la scène politique grenobloise.
On ne peut que déplorer ce soutien politique, surtout pour un candidat à la présidentielle qui affirmait le 3 novembre 2006 sur France Inter : « Je n'ai pas l'habitude de fréquenter des gens qui ont été condamnés par la Justice. »
FIN/IPG/GLG/2007
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Le fils Kadhafi: "Les Européens nous ont fait du chantage" (Reuters 07/08/2007)
Interrogé sur l'attitude de Tripoli dans l'affaire de la libération des infirmières bulgares, le fils du dirigeant libyen, Seif el-Islam Kadhafi, réplique: "du chantage? Peut-être. Mais les Européens en ont fait aussi".
Le fils du président libyen, Seif el-Islam Kadhafi, a affirmé à l'hebdomadaire américain Newsweek que les Européens ont aussi fait chanter les Libyens et ont "payé le prix" d'un "jeu immoral", dans l'affaire des infirmières bulgares.
Dans l'édition internationale de l'hebdomadaire datée du 13 août, le fils Kadhafi soutient qu'un engagement de Paris dans le secteur de la santé en Libye se chiffre à des "centaines de millions d'euros".
"C'est un jeu immoral, mais ils ont établi les règles du jeu, et les Européens paient maintenant le prix...", déclare Seif el-Islam Kadhafi. "Tout le monde a joué sa carte pour favoriser ses intérêts dans son pays".
Concernant les dédommagements (460 millions d'euros) obtenus par les familles des victimes libyennes, il refuse à nouveau de confirmer que le Qatar avait avancé les fonds."La Bulgarie, la Slovaquie et d'autres pays européens ont effacé la dette de la Libye. Et ils ont donné plus encore", dit-il.
A la question de Newsweek, "qu'est ce que les Français ont offert et que personne n'a fait", le responsable libyen répond: "Nous parlons de centaines de millions d'euros pour soutenir le secteur de la santé en Libye". Il explique qu'il en coûtera "pas moins de 300 millions d'euros pour l'hôpital de Benghazi". La France s'est engagée, depuis plus d'un an, à rénover l'établissement mais n'a jamais officiellement confirmé ce chiffre. "Et ce n'est pas une simple question d'argent, mais aussi de management et d'appui technique pour faire fonctionner l'hôpital avec des personnels français et des liens avec des hôpitaux français", Seif el-Islam Kadhafi.
La France et la Libye ont signé lors d'une visite du président Nicolas Sarkozy à Tripoli après la libération des infirmières un projet d'accord sur une centrale nucléaire pour le dessalement de l'eau de mer. "C'est un très gros et très onéreux" réacteur, a dit le responsable libyen. Son coût? "Je ne sais pas. Des milliards".
Interrogé sur le rôle de Cécilia Sarkozy, émissaire de M. Sarkozy en Libye et qui a ramené les infirmières en Bulgarie, Seif el-islam Kadhafi explique que l'épouse du chef de l'Etat français "a été la dernière à être intervenue dans ce dossier et c'est celle qui est revenue avec les infirmières". "Elle est très chanceuse. Beaucoup de personnes avaient essayé avant", commente-t-il.
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Publié par okouetch à 16:11:40 dans Pour un Gabon meilleur! | Commentaires (0) | Permaliens
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy. Plusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français.
Publiée dans Libération le 10 août 2007
Monsieur le Président,
Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler nous les Africains , avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c'est ainsi je crois qu'on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée.
Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s'associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d'être franc et sincère également.
Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l'aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ?
Je n'ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit... Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l'ordre immuable des saisons.
Lire la suite : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=982
Publié par okouetch à 14:37:11 dans Pour un Gabon meilleur! | Commentaires (0) | Permaliens
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